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Crédit photo : Sasha Paula
B

Spectacles

  • MARS
  • 08 ven. | 20H30
  • 09 sam. | 20H30
  • 10 dim. | 16H00
  • 15 ven. | 20H30
  • 16 sam. | 20H30
  • 17 dim. | 16H00

Durée : 01h50

Tarif de 14 à 16€
  • Plein tarif : 16€
  • Tarif réduit demandeurs emploi : 14 €

BRITANNICUS

Racine

Production : ANTIBEA Comédie d'Antibes

Année de création : 2018

Mise en scène : Cédric Garoyan ; Assistant de mise en scène : Sasha Paula

Distribution : Benoit MARTIN, Guilhem PUJOL, Nathalie PONCER, Julia URLI, Cédric GAROYAN, François DE MAIGRET, Karine LEPOLOZEC

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Lorsque Racine écrit Britannicus en 1669, sa carrière est en train d’atteindre des sommets. Deux ans auparavant c’est un véritable triomphe qui avait accueilli Andromaque. Le pouvoir du roi quant à lui n’a jamais été aussi absolu. Ainsi, la pièce de Racine est-elle une des plus politiques de son répertoire. C’est bien le discours du bon prince que Burrhus, dans la pièce, tâche d’inculquer à l’empereur à l’acte IV. En vain puisque Néron évoque le mauvais prince, l’exemple à ne surtout pas suivre. Sa chute provient du fait qu’il n’écoute pas les conseils avisés de ses maîtres, Burrhus et Sénèque. Le monstre est en gestation. C’est l’attirance pour Junie qui va le révéler. Néron est prêt à tout pour arriver à ses fins, même à éliminer son frère et rival Britannicus. La pièce raconte la naissance du monstre.

Nous avons voulu revenir à l’essence politique de l’œuvre. Néron est le produit d’un système politique inauguré par Auguste en 27 av. J.-C. et qui va perdurer quatre siècles. La monstruosité n’est pas seulement dans Néron mais aussi dans les institutions romaines. Elle habite également sa propre mère, prête à tout pour la réussite de son enfant. C’est cette ambition par procuration qui va engendrer le déséquilibre chez son fils et dans tout l’empire. Présente aussi chez Narcisse, l’affranchi, qui symbolise, au-delà de la figure du courtisan, celle du politicien parvenu, l’homme du peuple qui goûte au pouvoir qui va le corrompre. Enfin, cette monstruosité est aussi dans Burrhus, aveuglé par ses principes et son conservatisme. Même Britannicus porte sa part de responsabilité car il fait trop confiance au système. Seule Junie comprend mais demeure impuissante car esseulée.

A l’heure où notre société s’interroge sur la démocratie, cette pièce nous a paru d’une actualité troublante. Les personnages et les mots résonnent dans notre quotidien. Mettre en scène Britannicus avec cette perspective nous a paru nécessaire.

Enfin, nous avions envie de faire partager la poésie de Racine. Perfection de notre langue. L’alexandrin est un trésor que nous aimons faire partager. Ressusciter régulièrement notre patrimoine linguistique nous semble, en outre, être un devoir civique. Notre théâtre aime Racine et entretient une longue tradition avec cet auteur.

Britannicus avait été mis en scène au Théâtre Antibéa en 2007 par Dominique Czapski. C’est avec une équipe de comédiens renouvelée que je crée une mise en scène, qui se veut à la fois différente et dans la lignée de ce que nous a inculqué le directeur artistique d’Antibéa.